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Théâtre National Wallonie-Bruxelles
MàD les Mots à Défendre

L’immensité : des maux aux mots
Martin Tshibayi
Ghizlane Charaf
Jonathan Carrier
Laurent d’Ursel
Laurence Vielle
+
Brussels marée haute
Krzysztof Styczynski
Vincent Granger

22.03.2025 · 17:00
Lecture, performance

Brussels marée haute

Derrière l’odyssée sublimement intime, c’est bien l’imaginaire de la ville qui est repolitisé en investiguant les polarités de la vie, la naissance et la mort. Comme un choc existentiel, dans un geste poético-musical inspirant.

Dis-leur qu’ils n’abîment pas trop Brussels, je n’aurai pas la force pour une nouvelle guerre, écrit Krzysztof Styczynski. Brussels marée haute est une errance sauvage et subtile, emportée et mélancolique, entre Bruxelles et Carnage, l’endroit qui a vu peut-être naître l’auteur. Alors on le regarde, on l’écoute en se demandant ce qu’il a à nous dire, cherchant du côté du bonheur et du mal de vivre, de la lettre et du portrait. On arpente le pavé inflammable de la ville. On se souvient qu’on ne survit que par l’amour et l’art, sur la scène où brûlent les corps, les mots et la musique.

L’immensité : des maux aux mots

Sur scène et dans la salle, les immenses, les « Individus dans une Merde Matérielle Enorme mais Non Sans Exigence » déploient les trouvailles subversives du Thésaurus de l’immensité, le lexique révolutionnaire du sans-abrisme ou plutôt du sans-chez-soirisme conçu par le Syndicat des immenses. Parmi nous, i·els égrènent leurs vies, désirs et colères. Un précipité d’émotions aussi cru qu’interpellant.

Mal nommer, c’est faire de la langue une prison qui rassure les nanti·es, conforte les indifférent·es, fragilise les plus précaires. Mais voici que surgissent de nouveaux vocables pour définir la condition des sans-abri, ou plutôt des sans-chez-soi, cell·eux que l’on nomme les immenses. Ce Thésaurus est-il un manifeste poétique ? Politique ? Éthique ? C’est en tout cas une manière de pulvériser le racisme social. Dans la foulée, c’est une société tout entière qui risque bien de s’embras(s)er.

L'immensité : des maux aux mots

Un spectacle composé à partir des textes écrits par les auteurices du Thésaurus de l’immensité, éditions La Lettre volée / Le Syndicat des immenses, 2024) : Abdelkader Alem, Abdelkader Amoura, Mihai Bazga, Muriel Beurms, Charlie Brouyaux, Ria Carbonez, Jonathan Carrier, Ghizlane Charaf, Maia Chauvier, Carole Christophe, Ann'Abel De Schepper, Biche de Ville, Laurent d’Ursel, Ama El Hamli, Michaël Fromowicz, Arnaud Guillard, Julie Labs, Caroline Lamarche, Roxane Lefèbvre, Sita Leval, Lhabib Maati, Alberto Magnara, Bénédicte Monnoye, Delphine Palissot, Julie Perry Ferry, Laëtitia Petit, Catherine Pierloz, Laura Schlichter, Roberto Schors, Jérémie Tholomé, Isabelle Thomas, Juliette Tournier, Martin Tshibayi, Michèle Vande Eynden, Tony Van Gysegam, Marius Van Houtte, Nino Van Houtte, Thierry Van Houtte, Juliette Van Peteghem, Laurence Vielle, Olivia Welke, Yldiss et Vinciane Zech.
 

« Dès son lancement en mars 2019,  le Syndicat des immenses * — à savoir des personnes en non-logement ou mal-logement — a compris que le travail sur les mots formerait un des nombreux axes de son action militante. En effet, au-delà des mots à bannir parce qu’ils blessent, stigmatisent et condamnent, d'autres manquent pour bien décrire le sans-chez-soirisme — expression correcte pour « sans-abrisme » — et pour le combattre avec efficacité. D’où Le Thésaurus de l’immensité, paru en 2024 aux éditions La Lettre volée, qui rassemble 200 nouveaux mots, illustrés par de textes littéraires et de jeux linguistiques. Une entreprise doublement inclusive : incorporer la réalité vécue par les immenses dans la langue française et guider les escapés — à savoir les personnes non-immenses — dans l’immensité. À ceci près qu’il s’agit moins de les faire « entrer dans la peau des immenses » que de les initier à leur lecture politique de leur vécu. En effet, au fil de ses réunions hebdomadaires depuis six ans, le Syndicat des immenses a établi un verdict sociétal sur l’éluctabilité du sans-chez-soirisme et un programme politique permettant d’y mettre fin. » Laurent d’Ursel

«Avec Le Thésaurus de l’immensité, il s’agit de ne plus être ces individus ployés sous le fardeau des mots usés, maltraités, vieillis. Nous avons tous droits à un toit de mots frais, de mots justes, de mots insurrectionnels par les vérités qu’ils énoncent. L’imagination est une passion altruiste.(…)Il y a de la grâce dans ce banquet de mots, cette aventure qui consiste à renommer les êtres et les manières d’être pour pulvériser le racisme social. C’est une société toute entière qui risque bien de s’embras(s)er. » Caroline Lamarche

"Le sans-chez-soirisme est un crime contre l'humanité."

Mettre en scène, en musiques, en voix les mots du Thésaurus, est un geste poétique et politique. Puisse notre spectacle vous donner le goût de vous approprier vous aussi ces mots nouveaux qui ouvrent à la possibilité d’un autre monde. Devenons des « champions du parler-vrai » ! Merci à vous d’être là. Laurence Vielle

* immenses : Individus dans une Merde Matérielle Enorme mais Non Sans Exigences. Voir www.syndicatdesimmenses.be

 Propositions de lectures pour aller plus loin : 
  • Syndicat des immenses et alii, Politique et immensité, Maelström, 2022.

  • Syndicat des immenses et alii, Immensité et stratégie, Maelström, 2024.

  • Syndicat des immenses et alii, Valeur et immensité, Maelström, à paraître en 2026.

  • Syndicat des immenses, Le Thésaurus de l’immensité, La Lettre volée, 2024.
  • Syndicat des immenses et Un Faux Graphiste, Mal se loger en 5 étapes, Bandes détournées, 2024.
  • Jonathan Carrier, L’immense jeu, Maelström, 2022.
  • Jonathan Carrier, L’immense jeu d’eux, Maelström, 2023.
  • Catherine Pierloz et Lucile Lux, Si l’immensité était contée, Maelström, 2024.
  • Syndicat des immenses, L’immense année, autoédité, 2024.

 https://syndicatdesimmenses.be

Calendrier

  • - 17:00

Informations

Lieu

Studio

Durée

1h40

Tarif

Au choix 9€ > 45€ (les revenus seront reversés à l'association DoucheFLUX).

Distribution

L'immensité : des maux aux mots

Sur une idée originale de
Caroline Lamarche

Montage des textes
Caroline Lamarche et Laurence Vielle

Musique, composition et interprétation
Vincent Granger

Mise en lecture
Laurence Vielle

Mise en boite
Syndicat des immenses

Avec​
Ghizlane Charaf, Jonathan Carrier, Laurent d'Ursel, Vincent Granger, Martin Tshibayi, Laurence Vielle, Nathan Neus

Stagiaire assistant·e (assistanat, composition vidéo)
Nathan Neus

Régie Générale
Cédric Otte

Production
Théâtre National Wallonie-Bruxelles 

Avec la participation de Abdelkader Amoura, Sarah Ben Brahim, Marie Caspar, Olivier Debelle, Violette Ouassou, Roberto Schors, Isabelle Thomas, Benoît Tielemans et Yldiss

Remerciements
DoucheFLUX, La COCOF, Equal.brussels, Vlaamse Overheid et l’équipe du TN, Sylvia Botella, Inès Mayol,Christophe Flémal, Emma Zune...

Le Thésaurus de l’immensité du Syndicat des Immenses est publié aux éditions La Lettre Volée.

Brussels marée haute

Texte de, et avec
Krzysztof Styczynski

Musique
Vincent Granger

© Droits réservés
Le Rideau de saison, Maak & Transmettre · photo : Lucile Dizier, 2024